2001 Alpes italiennes 1

Dans les Alpes franco-italiennes

Du 30 juin au 13 juillet 2001

Nous avons remis au programme la même région des Alpes italiennes que celle explorée l’an dernier, mais avons décidé de nous y rendre 15 jours plus tôt. Or, comme mon mari et moi sommes invités par nos amis grenoblois à les rejoindre dans leur maison de campagne de Valsenestre, nous avons, avec leur accord, élaboré le programme suivant pour les trois premiers jours à passer dans les Alpes de France.

Samedi 30 juin, départ à 15 h 30 avec Maryse et Xavier B. de Saint-Just-Malmont dans la Haute-Loire. Quatre heures plus tard, arrivée à Valsenestre (1300 m d’altitude), où les hivers sont généralement enneigés et rigoureux. Nos compagnons de voyage vont aujourd’hui étrenner le refuge installé dans la vieille école désaffectée depuis la fin de la guerre de 1939-1945. Quant à nous deux, nous regagnons la maison de nos amis où nous dégustons une excellente spécialité italienne qui chez les parents d’Armand n’était préparée et servie qu’à Noël.

Dimanche 1er juillet, Maryse et Xavier viennent nous rejoindre. Avec eux et Armand nous gagnons le parking du village. Là nous retrouvons cinq autres adhérents de notre groupe botanique, qui eux, ont couché dans un hôtel de La Mure. Puis se succèdent des sajistes de la section grenobloise de la SAJA. A l’heure convenue pour l’herborisation projetée depuis Valsenestre, départ en direction du lac de la Barre par le GR54. L’herborisation est particulièrement fructueuse puisqu’en un peu plus de deux heures, 200 espèces sont répertoriées. Si certaines plantes notées par le Père Fritsch quelques années auparavant manquent au rendez-vous, par contre d’autres qu’il n’avait point vues, prennent la relève. Voici donc des espèces extraites de cette longue liste : Anthyllis montana, Acer campestris, opalus et pseudo-platanus, Aegopodium podagraria, Anthryscus sylvestris, Artemisia alba, campestris et vulgaris, Asplenium septentrionale, Brachypodium pinnatum, Bunium bulbocastaneum, Bupleurum falcatum, Campanula spicata, Centaurea uniflora, Coronilla varia, Cotoneaster integerrimus, Coincya cheiranthos, Cynoglossum dioscoridis, Dianthus monspessulanus, Fraxinus excelsior, Geranium phaeum et sanguineum, Hieracium peleterianum et pilosella, Laserpitium gallicum et latifolium, Lathyrus heterophyllus et sylvestris, Leucanthemum coronopifolium, Lychnis flos-jovis, Melica ciliata, Minuartia laricifolia, Paradisia liliastrum, Poa nemoralis et vivipare, Polygonatum odoratum, 6 espèces de roses dont Rosa villosa, Rumex alpinus et scutatus, Salix eleagnos, Scutellaria alpina, Sorbus aria, Stachys recta, Teucrium chamaedrys et montanum, Tolpis staticifolia, 6 trèfles dont alpestre et rubens, Ulmus montana, Veronica fruticans, Vincetoxicum hirundinaria etc. Dommage tout de même de ne pas avoir aperçu le moindre pied de Dracocephalum austriacum ! Après les pique-niques ou l’excellent repas servi en plein-air par nos hôtes, nous ne tardons pas à nous mettre en route pour la deuxième balade botanique de la journée, en direction de la carrière de marbre. Pour ce faire nous remontons le large chemin agréablement ombragé longeant le torrent Béranger. A l’orée des bois, la strate herbacée est différente de celle observée ce matin. Ces bois sont essentiellement composés d’épicéas auxquels se mêlent quelques sapins, bouleaux, alisiers, sorbiers, genévriers. Voici un aperçu d’espèces relevées : Aster bellidiastrum, Cardamine impatiens, Centaurea montana, Deschampsia flexuosa, Fragaria vesca, Hypericum richeri, Paris quadrifolia, Polygonatum odoratum, Prenanthes purpurea, Stachys alpina, Stellaria nemorum, etc. Il nous faut toutefois ajouter quelques mots au sujet des deux jolies stations de lis orangés (Lilium bulbiferum var. croceum), formant deux ensembles de toute beauté. Il nous faut aussi mentionner la présence d’un spectaculaire pied de Pleurospermum austriacum accompagné de la barbe de bouc Aruncus dioicus. Dans ses parages nous notons aussi : Rumex arifolia, Saxifraga rotundifolia, Veronica urticifolia, Adenostyles alliariae, Aconitum lycoctonum.

Valsenestre

Valsenestre, le parking tout au fond

Acer campestre

Acer opalus

Aegopodium podagraria

Asplenium septentrionale

Centaurea uniflora

Cerinthe glabra

Cirsium eriophorum

Coincya cheiranthos

Coronilla varia

Dianthus sylvestris

Fraxinus excelsior

Hieracium peleteranum

Hieracium pilosella

Lilium bulbiferum var. croceum

Lychnis flos-jovis

Minuartia laricifolia

Paradisia liliastrum

Polygonatum odoratum

Rosa villosa

Rumex scutatus

Scutellaria alpina

Silene dioica

Sorbus aria

Trifolium alpestre

Veronica fruticans

Aster bellidiastrum

Paris quadrifolia

Stachys alpina

Pleurospermum austriacum

Aruncus dioicus

Veronica urticifolia

Puis c’est le retour à Valsenestre et la visite pour certains, du jardin alpin créé par Armand dans le village, afin que quiconque puisse y accéder. La plupart des plantes de la rocaille sont des espèces qu’on peut trouver dans nos Alpes. D’autres comme Ramonda myconi et Iris latifolia sont des endémiques pyrénéennes. Bien d’autres espèces fleurissent ici pour notre plus grand plaisir et celui des habitants et visiteurs de Valsenestre. C’est ainsi que lis de France, tant alpins que pyrénéens et même Lilium monadelphum du Caucase commencent à éclore. Et n’oublions pas les deux dracocéphales indigènes de France, ici présents : Dracocephalum ruyschiana vu par trois adhérents de notre groupe dans les Alpes et Dracocephalum austriacum dans les Hautes et Basses Alpes, que nous aurions pu voir ce matin mais que d’autres de notre club connaissent grâce toujours à Armand Gauna. La visite du jardin terminée, ce sont les adieux aux cinq membres de notre groupe ainsi qu’aux sajistes grenoblois. Et ce soir après le repas offert au refuge par Maryse et Xavier, nous nous retrouvons tous chez Jeannine et Armand pour visionner la cassette vidéo de leurs cinquante ans de mariage.

Valsenestre : au jardin alpin d’A. Gauna

Ramonda myconi

Iris latifolia

Lilium pomponium

Lilium pyrenaicum

Dracocephalum ruychiana

Dracocephalum austriacum

Lundi 2 juillet à 7h30, Maryse, Xavier, Armand et moi-même « levons l’ancre ». Quelques kilomètres au-delà, arrêt et rude montée pour atteindre la source dénommée Fontaine Juliarde, site de Potentilla delphinensis que nul ne connaît à la section botanique, car il est vrai c’est une rare endémique dauphinoise. Mais, déception, elle ne s’y trouve pas cette année. Alors grimpons Armand et moi, toujours plus haut. La voici enfin, en un seul exemplaire… Après une dénivelée de 650 m, retour par la sente raide et caillouteuse. A 13 heures nous arrivons à Valsenestre et, bien que nous ayons nos casse-croûtes, nos amis offrent encore à nous quatre, un excellent repas servi dans le site bucolique où se niche leur maison. Mais à 16 heures nous prenons congé de nos hôtes et par la route du col d’Ornon, nous rejoignons Bourg-d’Oisans. De là par la montée des Commères, nous atteignons le lac Chambon, puis Briançon et enfin Clavières. A Oulx nous empruntons l’autoroute jusqu’à Suze. Là arrêt pour la nuit à l’hôtel Napoléon.

Vers la fontaine Juliarde

La fontaine Juliarde

Vue depuis la Fontaine Juliarde

Autre vue depuis la Fontaine Juliarde

Potentilla delphinensis vers la Fontaine Juliarde

Vue depuis la route du col d’Ornon

Lac Chambon vu d’en haut

Fort Vauban et vieille ville de Briançon

A Suze

Mardi 3 juillet, de Suze où nous nous trouvons, nous prenons l’autoroute tout en veillant bien à contourner Turin par le sud, afin d’éviter Milan. A la sortie de Piacenza, remontée par le nord au large de Crémone afin de rejoindre Brescia. Encore l’autoroute jusqu’à Pescheria au sud-est du lac de Garde. Sirmione en est toute proche, mais toujours nous manque le temps pour la visiter . Donc remontée tout en longeant la rive orientale du lac de Garde. A Malcesine, arrêt au bel hôtel-restaurant afin de se changer les idées. Et en voiture de nouveau jusqu’à Torbole où nous aurions dû trouver la direction de Mezzolago. Pour rejoindre Limone sur la rive ouest et de là filer sur Mezzolago, il nous faut refaire tout le tour du lac ! Nous apprendrons quelques jours plus tard qu’il fallait prendre le bac à Riva. Mais aurait-il fallu que ce soit clairement indiqué ! A 18 heures malgré toutes ces péripéties, nous parvenons tout de même à l’hôtel de Mezzolago.

Sirmione au bord du lac de Garde

De Riva à Limone

(suite)