Valdrome

VALDRÔME (26) – Rossas ; Chemin de la montagne de Dindaret et du serre de Bompont

A la recherche des pivoines près de Valdrome

A la recherche des pivoines près de Valdrome

 

Site connu pour sa magnifique floraison de pivoines sauvages (plusieurs centaines de pieds de Paeonia officinalis L. «*»), notre groupe botanique avait depuis quelques temps l’intention d’herboriser sur ce site. Le séjour d’été, prévu en Corse, n’ayant pu se réaliser, le groupe choisissait le sud du Vercors comme séjour d’été du 17 au 23 juin, avec comme base le gîte d’Archiane sur la commune de Treschenu-Creyers dans la Drôme. Une visite aux pivoines de Rossas, situées à une vingtaine de kilomètres d’Archiane pouvait se réaliser. Le dimanche 21 juin en compagnie de Michel et Marie-Ange qui, ne pouvant participer au séjour, avaient pu néanmoins se libérer et nous rejoindre le Week-end, nous prenions le chemin de Rossas. Après Boulc en Diois, petite commune Drômoise, un premier arrêt le long d’un champ de céréales ou nous avions repéré la Nielle des blés, nous permettait de trouver :

Agrostemma githago L.
Papaver rhoeas L.
Tordylium maximum L.

Tordylium maximum L

Tordylium maximum L

Legousia speculum-veneris (L.) Chaix

Legousia speculum-veneris (L.) Chaix

Legousia speculum-veneris (L.) Chaix

Et sur un talus non loin du champ :
Delphinium ajacis L.

Delphinium-ajacis-L

Delphinium-ajacis-L

Quant à la céréale du champ Gaby l’identifiait comme étant un blé dur : peut-être Triticum turgidum L.

Triticum-turgidum-L

Triticum-turgidum-L

Continuant notre route vers le village de Miscon, nous effectuons un deuxième arrêt peu après le col du même nom. Là dans une petite zone humide et dans le fossé de la route, nous observons les tiges stériles de la grande prêle : Equisetum telmateia Ehrh., qui peuvent atteindre 1 mètre et identifiables par leur très grande lacune centrale et leurs rameaux à 8 angles disposés en verticilles rapprochés.

Equisetum telmateia Ehrh

Equisetum telmateia Ehrh

Sur le talus une gentianacée aux fleurs d’un jaune vif et aux feuilles tronquées et soudés entre elles à la base, s’identifie facilement : c’est la chlora perfoliée : Blackstonia perfoliata (L) Huds.

Blackstonia-perfoliata-(L.)-Huds

Blackstonia-perfoliata-(L.)-Huds

Reprenant la Direction de Valdrôme, nous dépassons ce village pour prendre la direction du col de Rossas. A environ 800 mètres après la route du hameau de Rossas, nous empruntons un chemin carrossable conduisant au Sommet du Dindaret et au Serre de Bompont. Nous arrêtons les voitures peu avant la barrière de L’ONF (environ 1,5 Km depuis le début du chemin) et là, à deux pas des voitures, les premiers pieds de pivoines. Hélas nos premières pivoines sont en fruits, trois gros follicules de 5 à 6 cm de longueur ; nous sommes le 21 juin et la floraison des pivoines se situe plutôt fin mai–début juin, nos craintes de ne pas voir des pieds fleuris sont grandes, nous espérons tout de même qu’en prenant de l’altitude nous trouverons peut-être quelques pieds fleuris. Nous empruntons à pied le chemin, laissant René et Renée, fatigués de leur randonnée de la veille. Le long du chemin nous notons :
Tanacetum corymbosum (L.) Schultz-Bip.

Tanacetum-corymbosum-(L.)-Schultz-Bip.

Tanacetum-corymbosum-(L.)-Schultz-Bip.

Epipactis atrorubens (Hoffm.) Bess., non Sch.

Epipactis-atrorubens-(Hoffm.)-Bess.,-non-Sch.-

Epipactis-atrorubens-(Hoffm.)-Bess.,-non-Sch.-

Orobanche gracilis Sm. Synonyme Orobanche cruenta Bert., identifiable par sa corole jaune-rougeâtre et poilue-glanduleuse en dehors, rouge sang, glabre et luisante en dedans et ses stigmates jaune cerclé de pourpre.

Orobanche-gracilis-Sm

Orobanche-gracilis-Sm

Coronilla minima L.
Phyteuma orbiculare L.
Dactylorhiza fuchsii (Druce) Soö
Gymnadenia conopsea (L.) R.Br.
Gentiana lutea L.
Astragalus monspessulanus L.
Salix eleagnos Scop. Le Saule drapé
Carex brachystachys Schrank – La laiche à épis court, carex montagnard du Jura, des Alpes, du Sud du massif Central et des Pyrénées.

Carex-brachystachys-Schrank

Carex-brachystachys-Schrank

Un cotonéaster à grandes feuilles ovales arrondies, vertes et pubescentes en dessus, blanches-tomenteuses en dessous, que nous ne connaissons pas : il s’agit du cotonéaster tomenteux : Cotoneaster tomentosus Lindl.

Cotoneaster-tomentosus-Lindley

Cotoneaster-tomentosus-Lindley

Un arbrisseau tortueux d’une quarantaine de centimètres, à fleurs blanches est rapidement identifié comme étant le daphné des alpes : Daphne alpina L., plante calcicole présente dans toutes les montagnes calcaires.

Daphne-alpina-L.

Daphne-alpina-L.

Une petite fougère calcicole : Gymnocarpium robertianum (Hoff..) Newm. proche de Gymnocarpium dryopteris (L) Newman, s’en distinguant par son rachis et pétioles secondaires, finement pubescents-glanduleux.
A midi toujours pas de Pivoines en fleurs. Nous pique-niquons à l’ombre d’un rocher.

Déjeuner à l'ombre

Déjeuner à l’ombre pour certains…

A proximité immédiate, on remarque outre : Ononis rotundifolia L., Anemone alpina L. (en fruits), une petite apiacée à fleurs blanches qui pourrait être l’athamante de crête : Athamanta cretensis L. plante des rochers et éboulis calcaires des montagnes du midi.

Athamanta-cretensis-L

Athamanta-cretensis-L

Non loin de là, en bordure du chemin, une autre apiacée à fleurs jaunes est identifiée comme étant : Pastinaca sativa subsp. sativa var. arvensis Pers.

Pastinaca-sativa-subsp.-sativa-var.-arvensis-Pers.

Pastinaca-sativa-subsp.-sativa-var.-arvensis-Pers.

Après le déjeuner nous reprenons notre progression, Madame Cusset et Marie-Ange nous quittent pour retourner vers les “René(e)”. En bordure du chemin une graminée : la koelerie du Valais : Koeleria vallesiana (Honckeny) Gaudin.

Soudain une exclamation : Une Pivoine fleurie ! c’est Françoise, qui partie en éclaireuse, vient de trouver notre première fleur de Pivoine. Nous accourons tous, certains avec incrédulité, pour voir cette belle fleur rouge au sommet d’un talus raide et instable.

Emerveillement

Emerveillement

partagé !

partagé !

Certains se hissent jusqu’à elle avec prudence afin de la photographier. Ils ne sont pas encore descendus de leur talus que Françoise annonce : une Pivoine fleurie au bord du chemin, nouvelle précipitation de tous et encore de nombreuses photos.

Paeonia-officinalis-L.subsp.-huthii-Soldano

Paeonia-officinalis-L.subsp.-huthii-Soldano

Ce manège va se reproduire plusieurs fois jusque au col de Peyre Grosse à 1454 m que nous avons gravi par un petit sentier, et où nous trouvons (toujours grâce à Françoise) notre dernière Pivoine fleurie.

Paeonia-officinalis-L.subsp.-huthii-Soldano

Paeonia-officinalis-L.subsp.-huthii-Soldano

De là nous continuons jusqu’au sommet de la montagne de Dindaret (1528 m). En chemin nous apercevons une grosse touffe de Pivoines bien dégagée, hélas en fruits, qui doit être magnifique à l’anthèse, nous trouvons également :
Helianthemum apenninum (L.) Miller aux délicates fleurs blanches (exceptionnellement roses) du sud de la France, mais qui remonte assez haut dans le nord à la faveur des grandes vallées.

Helianthemum-apenninum-(L.)-Miller

Helianthemum-apenninum-(L.)-Miller

Au sommet du Dindaret le panorama est magnifique, au sud les montagnes de la Drôme et à l’horizon le géant de la Provence : le mont Ventoux (1911 m) ; au nord nous voyons le Vercors et le massif du Dévoluy. Nous effectuons une courte pause, car la montée à été rude, et nous prenons le chemin du retour. A la descente, près du col, Catherine remarque une achillée différente de notre achillée millefeuilles : c’est l’achillée odorante : Achillea odorata L. une plante du sud-est de la France avec quelques stations dans les Pyrénées, le département du Rhône et de la Loire à Montverdun (Données SI Flore, non reprise par l’atlas des plantes sauvages de la Loire et du Rhône).

Achillea-odorata-L

Achillea-odorata-L

Nous rejoignons enfin nos camarades prés des voitures et Jean-Jacques propose à ceux qui n’ont pas vu les Pivoines de les emmener en voiture pour voir la première Pivoine fleurie; proposition acceptée avec enthousiasme. Cette belle journée terminée nous nous séparons pour rentrer, le groupe à Archianne et Michel et Marie-Ange dans leur gîte à Boulc.

«*» – La récente « Flore de la France méditerranéenne continentale » de Jean-Marc Tison et All. nous précise que les pivoines situées à l’est du Rhône appartiennent à la sous espèce Huthii : Paeonia officinalis L.subsp. huthii Soldano ; se caractérisant par une forte pilosité, un style nul et des lobes foliaires ultime plutôt lancéolés.

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