2000 Afrique du Sud

AFRIQUE DU SUD

PROVINCE DU CAP

Du 27-11 au 19-12-2000

7 participants

Voici le compte rendu de ce voyage touristico-botanique dans la province du Cap en Afrique du Sud. Il n’avait été organisé ni par, ni pour notre club. C’était en effet Françoise Cadel de Meylan près de Grenoble, secondée de son époux, qui en était l’instigatrice. Or tous deux étaient alors membres, entre autres, de notre groupe. Et sans aucun doute il aurait été dommage de ne pas évoquer la flore de cette région, considérée comme l’une des plus riches du monde si ce n’est la plus riche. En effet, ce qu’on appelle l’Empire floral du Cap ou Capensis est extrêmement restreint par rapport aux autres empires floraux puisqu’il ne comprend que la bande méridionale de l’Afrique s’étendant du N.-W. de la Province du Cap au N.-E. de celle-ci. Elle couvre, en gros, 90000 m² et donne asile à 9000 espèces dont 70% d’endémiques. Et alors que le Royaume holarctique représente une superficie de 42% des terres, le Capensis lui n’en occupe que 0,04%.

Cape Town – Capitale de la Province du Cap

Il convient dans ce compte rendu, d’évoquer un type spécial de végétation dénommé fynbos, qui recouvre presque entièrement la Province du Cap, comparable en gros au maquis ou à la garrigue de chez nous, mais peuplé essentiellement de plantes issues de groupements qui sont les protéoïdes, éricoïdes et restioïdes.

Seules certaines éricoïdes existent aussi chez nous puisqu’elles comprennent les éricacées. Mais, surprenant, alors que la France et l’Espagne réunies ne comptent qu’une petite trentaine d’espèces d’Erica c’est à dire de bruyères, Le Cap en totalise 630 auxquelles il faut ajouter les taxons d’autres genres d’éricoïdes. Le lecteur pourra observer sur les photos d’Erica au fur et à mesure de leur présentation, les tailles variées s’échelonnant de quelques cm à plus de 3 m de haut, les teintes si diverses des corolles, les formes différentes de celles-ci, les étamines incluses ou extrorses. Les inflorescences aussi font preuve de diversité : elles peuvent être rassemblées en épis denses au sommet des rameaux, parfois elles imitent des ombelles, d’autres fois elles fusent d’un point central. Combien de formes pourrait-on encore décrire ? Nous ne savons. Or, si nous avons insisté sur cette famille, c’est essentiellement pour évoquer le contraste qui existe entre les bruyères du Cap et celles de chez nous.

Erica gratta

Erica ventricosa

Erica retorta

Erica regia

Erica perspica

Erica blenna

Quant aux protéoïdes qui n’existent pas en Europe, elles forment un ensemble incontournable dans le fynbos et le plus original et important qui soit. Il est bon de savoir, tout d’abord, que le fynbos de protéoïdes est composé essentiellement d’arbrisseaux de haute taille mais que d’un seul arbre, Leucadendron argenteum.

La famille des protéacées qui bien sûr, cela va de soi, se trouve dans les protéoïdes, est l’unique famille de l’ordre des protéales. Les genres eux, y seraient nombreux, environ 80, et les espèces aux alentours de 2000 dans le monde. En Afrique du Sud, on dénombrerait 400 espèces dont 331 pour le Capensis ; 13 genres sur 14 y sont endémiques. Les protéacées tirent leur nom de Protée, dieu marin fils de Poséidon. Ce nom leur a été donné à cause de leur grand polymorphisme évoquant les formes les plus diverses que revêtait ce dieu pour ne pas être reconnu. Dans cette famille ce polymorphisme se manifeste tant au niveau de l’appareil végétatif que dans la forme des inflorescences. Quant à la fleur elle-même, elle est de type 4 et comprend 4 sépales pétaloïdes, pas de pétales, 4 étamines, 1 carpelle. Elle est actinomorphe soit légèrement zygomorphe. De belles et nombreuses bractées colorées généralement l’encerclent. Parmi les différents genres, citons Protea dont Protea cynaroïdes, la King Protea, devenue emblème de l’Afrique du Sud, Leucospermum dont Leucospermum reflexum. Voici encore le genre Brabejum avec Brabejum stellatifolium dont les fruits très toxiques, nommés Wild Almonds, étaient dans les débuts de la colonisation, utilisés pour former des haies impénétrables. Enfin terminons avec le genre Serruria et la belle légende de Serruria florida que voici : cette protéacée autrefois portait le nom vernaculaire «  d’orgueil de Franschhoek », mais aussi celui de « la jeune épouse rougissante ». Ce nom-là remonte au temps de la colonisation de la vallée de Franschhoek par les Huguenots de notre pays. A l’époque le jeune prétendant offrait cette fleur à la jeune fille aimée en gage de son amour et de ses intentions matrimoniales. Mais cette protéacée découverte en 1773 fut perdue de vue pendant 110 ans jusqu’à ce que le professeur Mac Owan la redécouvre. Elle fut alors cultivée, heureusement car à partir de 1930 la station sauvage se mit à décliner. On prit alors de sérieuses mesures de protection car on la considéra en grand danger de disparition.

Leucadendron argenteum : fleur de l’arbre mâle

Protea cynaroides : King Protea

Leucospermum reflexum var. titium

Brabejum stellatifolium, Wild Almond

Grevillea sp Autre genre de protéacées

Pour les restioïdes ce sera vite fait. Il convient seulement de dire que les sols trop secs ou trop humides, ne convenant ni aux protéoïdes ni aux éricoïdes, sont de ce fait colonisés par ce dernier groupement, s’apparentant aux joncacées et carex, voire aux graminées.

Fernkloof – Fynbos à restionacées

Restionacées vers le refuge du trek vers Fernkloof

Avant d’en finir avec ces généralités, il convient encore de dire qu’il existe d’autres types de fynbos. En effet il en est un formé en grande partie de graminées subtropicales, parsemé de quelques buissons subtropicaux, ainsi que de très rares protéoïdes. Enfin à propos du fynbos, ajoutons que sa prospérité vient en grande partie du feu et que de ce fait, les incendies lui sont salutaires, si malgré tout, ils ne sont ni trop violents, ni trop fréquents. Si les feux ont un effet bénéfique sur cette formation, l’homme par contre y tient un rôle maléfique. En effet toutes ses activités lui nuisent. Cela commença d’ailleurs dès le début de la colonisation par les défrichements indispensables pour installer ses propres cultures, puis par l’importation de vaches, moutons et chèvres qui à outrance se multiplièrent, au grand dam de la végétation autochtone. De plus l’expansion incontrôlée de la population, fut à l’origine de grandes villes et « town-ships » empiétant sur les terres sauvages. Enfin la présence de plantes importées fit planer une menace sur la pérennité de cet intéressant biotope. Déjà l’homme dès le début de son installation et pour ses diverses activités alla jusqu’à détruire la forêt relique subtropicale. Dans la Province du Cap il n’en reste que des lambeaux. Et lorsque la pénurie du bois indigène se fit sentir, les colonisateurs ne trouvèrent rien de mieux que d’introduire, afin d’y faire face, diverses essences. Or parmi ces espèces, celles dont l’écologie était similaire à celles du fynbos, devinrent de véritables pestes. Ainsi furent très nocifs les acacias australiens tels Acacia cyclops et saligna, eux utilisés pour stabiliser les dunes mouvantes de Cape Flats. Mais à ces espèces citées, on peut en ajouter beaucoup d’autres, hélas ! Alors pour enrayer le développement anarchique d’espèces indésirables et envahissantes et restaurer le fynbos, des réserves furent créées. Mais pour le fynbos de basse altitude ce ne fut guère brillant : c’est ainsi qu’en l’an 2000, seulement 4,5 % de l’aire d’origine étaient des réserves. Malgré tout, cet arrangement aurait protégé, paraît-il, 80% des espèces de plantes de tout le fynbos.

Acacia cyclops

Acacia cyclops fructifié

Acacia saligna

Pour terminer, un petit aperçu sur les animaux de cette formation. Autrefois 1/3 des 250 mammifères d’Afrique du Sud hantaient le fynbos. Peu de temps après l’arrivée des Européens, beaucoup en furent éliminés. Les seuls grands mammifères encore bien répandus dans la contrée sont les antilopes, les zèbres du Cap et surtout les bonteboks. Le nombre de léopards n’a cessé de décroître et le dernier éléphant aurait été sauvagement abattu en 2000 justement. Cependant dans le fynbos, plus nombreux sont les mammifères de taille moyenne comme les babouins, les porcs-épics etc et les petits comme le daman nommé aussi la souris-éléphant. Les oiseaux, eux, sont rares dans le fynbos à cause du manque d’arbres. Par contre les serpents y sont bien présents avec 30 espèces dont le cobra. Plus nombreux et divers sont les invertébrés tels insectes, scorpions et autres. Après cette présentation qu’on aurait pu étoffer, voici le compte rendu des journées passées en Afrique du Sud, essentiellement dans la Province du Cap.

Afrique De Hoop réserve Bontebok et son petit

Antilope de South Africa

Eland du Cap Taurotragus oryx

Zèbre

famille de babouins

Babouin

Un daman

Francolins

Tisserin

(suite)