2000 Afrique du Sud 2

Compte rendu du voyage botanique et touristique

Lundi 27 novembre

En tout début d’après-midi Paul mon époux m’accompagne à l’aéroport Saint-Exupéry de Lyon. Nous nous rendons au terminal 1 où, à 15 h 30, le groupe a rendez-vous avec une personne déléguée par Arts et Vie, notre agence touristique. Peu après notre arrivée voici nos compagnons de voyage : nos amis grenoblois Gérard et Françoise, Odile leur cousine, et trois inséparables dames de Paris, Claire, Luce et Gisèle leur amie commune. Présentations faites, Paul repart aussitôt. Mais mon fils, habitant à Lyon, me faisant la surprise d’assister à mon départ, le remplace. Ensuite enregistrement des bagages et départ d’Yves. A 16 h 45 l’avion décolle pour Francfort d’où nous filerons sur l’Afrique. Au cours du long vol, Gérard et Luce sont malades. Enfin Johannesburg où bien des places se libèrent nous permettant de nous établir près des hublots.

Mardi 28 novembre

A l’aéroport du Cap, à 13 heures, nous récupérons nos bagages et allons au bureau de change. A la sortie voici notre chauffeur, Alain Lefébure, qui aussitôt nous conduit à l’hôtel Courtyard, loin de la capitale, en pleine campagne, mais bon et agréable hôtel. Dès l’arrivée dans le jardin, j’aperçois la crassulacée vue à Ténérife et à laquelle personne n’avait pu attribuer de nom. Le lendemain, au parc botanique de Kirstenbosch, je la verrai avec son nom étiqueté, Crassula multicava. A 15 h 30 après le drink d’accueil, nous voici de nouveau dans le minibus, pour l’incontournable montée à Signal Hill, jolie colline d’où l’on jouit d’une vue incomparable, tant sur la grande ville du Cap et l’océan que sur la Table Mountain dominant une partie de la cité. Mais plus que l’admirable panorama, m’attire la flore à nulle autre pareille, on s’en doute. Et grâce à l’immense et instructif jardin botanique de Kirstenbosch ainsi qu’aux nombreux livres de G. et F. Cadel, nous parviendrons à nommer la plupart des espèces rencontrées ici ou ailleurs, ou, à défaut, nous faire une idée du genre ou tout au moins de la famille. Voici donc des plantes, que tout au long de la montée, nous avons observées : tout d’abord Eucalyptus ficifolia, Acacia karoo, Virgilia oroboides, des « géraniums » (Pelargonium cucullatum) plus grands que nous. Tout en haut de la colline, face à l’immensité de l’océan, une astéracée buissonnante aux corymbes rappelant un peu ceux de la tanaisie, est sans doute Hymenolepis crithmoides. Bien d’autres merveilles encore dont quantités d’arbustes que nous ne pouvons déterminer, leurs fleurs étant fanées. Il en est de même pour de hautes bruyères, elles aussi passées. Nous admirons encore cependant, Leucadendron argenteum, protéacée arborescente dont nous avons parlé dans « Afrique du Sud 1 », des Leucospermum aux têtes semblables à des pelotes d’épingles et des Watsonia borbonica en massifs magenta du plus bel effet. En Afrique du Sud les Watsonia sont un genre particulièrement bien représenté avec pour la Province du Cap, 51 espèces. Après ce premier et dépaysant contact avec la flore locale, il nous faut, hélas, nous rendre dans la galerie marchande installée dans les anciens docks. Là, d’immenses « arbres de Noël », ne manquent pas de nous surprendre car en ce début d’été austral, nous avions bien trop vite oublié la proche venue des fêtes de fin d’année. Cette visite terminée il nous faut encore aller à l’extérieur en bord de mer, pour voir l’aménagement d’une autre partie des docks… Enfin retour à la voiture. Mais il est prévu pour ce soir, le repas non pas à notre hôtel, mais au restaurant « on the rocks » à Blaubergstrand. De là nous jouissons d’une vue fabuleuse sur le rivage, où il y a peu fleurissaient des myriades de « marguerites ». Au-delà ce sont des rochers, puis l’océan et au loin la ville du Cap s’étendant aux pieds de la Table Mountain. Quant à notre premier repas africain, il est correct, bien que le mélange de sel et de sucre ne satisfasse pas tous les palais. Même le saumon salé est sucré ! Par contre, la grosse sole à l’estragon, accompagnée de petits légumes et de quelques frites, est, elle, très appréciée de tous. Quant au dessert, c’est un régal, même pour les yeux. Après quoi, dans la nuit noire, exténués et somnolents, nous revenons à l’hôtel Courtyard, si agréablement situé en son jardin.

Table Mountain

Vue de Signal Hill

Françoise photographiant les Wattsonia borbonica

Wattsonia borbonica

Hymenolepis crithmoides

Pelargonium cucullatum

Virgilia oroboides

Mercredi 29 novembre

Ce matin après le petit déjeuner, départ pour Kirstenbosch. Arrivée dans la ville du Cap où Alain nous donne le nom de tous les monuments susceptibles de nous intéresser. Mais partout où l’absence de constructions laisse le terrain libre, la végétation s’en donne à cœur joie : le faux genêt d’Espagne (Spartium junceum) s’y est naturalisé depuis peu par exemple. On y voit aussi des bougainvilliers (bougainvillea spectabilis), des aloès. Ailanthus altissima ex glandulosa, d’origine asiatique, disparaît sous les innombrables guirlandes d’Ipomaea purpurea en provenance, lui, d’Amérique tropicale. Une jolie fougère me semble être Pteris cretica, sud-européenne, adventive justement, dans la péninsule du Cap, et j’en passe… Curieux, que la flore autochtone si fabuleusement riche, accepte à ses risques et périls, tant d’espèces étrangères !

faux genêt d’Espagne : Spartium junceum

Bougainvilliers : bougainvillea spectabilis

Ailanthus altissima

Nous voici enfin à l’entrée de Kirstenbosch. Après un petit tour à la boutique où certains achètent des ouvrages sur la flore d’Afrique du Sud, nous pénétrons dans le parc botanique. Il est 9 h 30… et soudain c’est l’enchantement : un paysage fabuleux se déroule sous nos yeux émerveillés. « Le Paradis, n’est-ce pas un appendice de la botanique », comme se le demande Cioran ». Mais trêve de rêvasserie ! Nous sommes là pour nous faire une idée de la flore du Cap et autres lieux, comme nous allons le voir. Alors, « au travail », si l’on peut dire ! Dirigeons-nous vers un arbre majestueux aux centaines de grappes roses revêtant son feuillage vert sombre. Il s’agit de Calodendron capense, de la famille des rutacées, croissant aussi sur toutes les côtes subtropicales de l’Afrique. Puis le hasard me conduit jusqu’à une pièce d’eau aux nombreuses plantes aquatiques non étiquetées, dont l’une nous sera servie quelques jours plus tard au cours d’un repas où nous apprendrons son nom : Aponogeton distachyos. Plus loin, c’est un fouillis d’autres merveilles dont Schotia brachyphilla, Agathosma thymifolia, A. serpyllacea, etc. Voici maintenant de superbes et robustes géraniacées aux belles fleurs roses et au feuillage crépu, Pelargonium crispum ; puis Leucospermum reflexum tout tristounet avec ses « épingles retombantes ». Ensuite, au cours de ma progression, je passe devant un Aloe plicatilis du Cap et j’arrive devant un parterre présentant de nombreuses bruyères d’Afrique du Sud, dont voici quelques-unes encore fleuries : Erica gratta représentée antérieurement, du fynbos de montagne, Erica verecunda du fynbos de montagne aussi, mais aux 4 petits lobes triangulaires recourbés en dehors, Erica viridescens à fleurs jaune pâle à extrémité verdâtre, rougissant lors de la fanaison, Erica mammosa à fleurs roses, orange ou rouges dont les corolles joufflues se resserrent et se festonnent à leur extrémité. Quant aux Erica ventricosa, retorta, regia, perspica et blenna il est possible d’en trouver leur photo dans la publication précédente. Délaissant ces nombreuses et diverses Erica, mes pas me portent jusqu’à une immense pelouse où se dresse, solitaire, un Leucadendron argenteum, abritant de son ombre tout un groupe d’enfants noirs. Au-delà, la végétation n’est plus étiquetée. Donc demi-tour par un autre chemin où je peux admirer un bel ensemble de Berzelia galpinii qui est une bruniacée classée dans les éricoïdes et endémique des montagnes du Langeberg. Plus loin voici le coin des protéoïdes avec de nombreuses protéacées tant sauvages qu’horticoles, notamment parmi les leucospermums. Ces espèces horticoles, quoique magnifiques, ne m’intéressent guère ! Bien assez à faire avec les espèces natives ! Voici donc quelques Leucospermums autochtones cultivés dans le jardin : Leucospermum tottum du Renosterveld, cordifolium, communément appelé yellow bird, oleifolium aux têtes jaune-vert rougissant par la suite, reflexum aux pièces florales réfléchies, grandifolium des pentes granitiques du fynbos de montagne, uliginosum arbuste du Langeberg pouvant atteindre 4 m et bien d’autres encore. Parmi les Proteas voici encore Protea cynaroides, la protée royale.

A l’entrée du parc de Kirstenbosch

Kirstenbosch, Calodendron capense

Aponogeton distachion, plante comestible

Kirstenbosch, Schotia brachypetala

Pelargonium crispum

Leucospermum reflexum var lithium

Erica mammosa

Leucadendron argenteum et les enfants

Berzelia galpinii

Leucospermum tottum du Renosterveld

Leucospermum cordifolium

Leucospermum oleifolium

Leucospermum grandifolium

Quittant ces plantations de protéacées, me voici traversant une zone où s’épanouissent en mélange des espèces de différentes familles comme par exemple Kigelia africana, Virgilia oroboides, Heterolepis aliena, Pelargonium crispum. Puis on peut voir Brunia albiflora ainsi que quelques restionacées telle Elegia capensis et Rhodocomia capensis. Ensuite à 12 h 50, arrêt au restaurant du parc dans un cadre de toute beauté. Et peu de temps après, reprise de la visite de ce fabuleux jardin. Et voilà que j’arrive devant un massif de Crassula multicava du bushveld du Transvaal, nous apprend l’étiquette. Tout près de magnifiques Cotyledon orbiculata. Mais voici que devant moi file un écureuil gris et que vole un merle du Cap. Après quoi je me trouve devant la haie impénétrable de Jan Van Riebeck fondateur-gouverneur de la Ville du Cap. C’est lui qui en 1660 la fit établir afin qu’elle serve de frontière à la colonie. Elle fut donc, sur ses recommandations, réalisée en wild-almond, c’est à dire en Brabejum stellatifolium, protéacée très toxique dont nous avons parlé antérieurement. En face de cette haie se dressent fièrement de beaux exemplaires de Cussonia spherocephala. Puis dans ces parages, voici l’amphithéâtre des cycadacées avec entre autres Encephalartos lebomboensis du Natal et du Swaziland et fredericii du Drakensberg ainsi que des Euphorbia arborescentes comme trucalli, cooperi etc. Et voici enfin Aloe plicatilis que certains connaissaient du beau jardin de Saint-Jean Cap Ferrat. Au retour, près d’une pièce d’eau, j’ai le plaisir d’apercevoir quatre pintades sauvages.

Heterolepis aliena

Brunia albiflora

Elegia capensis

Crassula multicava

Cotyledon orbiculata

Haie de Jan Van Riebeeck en Wild Almond

Brabejum stellatifolium

Cussonia sphaerocephala

L’amphithéâtre des cycadacées

Encephalartos lebomboensis

Encephalartos friderici

Euphorbia tirucalli

Euphorbia cooperi

Euphorbia cooperi

Aloe plicatilis

(suite)