1999 Sicile – 3

Dimanche 9 mai, départ pour les Nevrodi avec un programme si chargé, que nous avons décidé de l’alléger avant même de nous mettre en route. Dès le croisement San Teodoro-Troina, nous apercevons au loin l’Etna tout encapuchonné de nuages. Déception au Lac Ancipa où nous nous attendions, comme indiqué dans le Guide Vert, à un paysage d’une rare beauté, somme toute simplement beau. Le lac traversé, arrêt herborisation à 1000 m d’altitude dans un bois de chênes pubescents où d’un relevé d’une quarantaine d’espèces, nous présentons : Achillea ligustica, Asparagus acutifolius, Cerinthe auriculata, Crataegus laciniata, Fedia cornucopiae, Geranium sanguineum, Lotus ornithopodioides, Magydaris pastinacea, Orchis tridentata, Prunus cocomilia, Pyrus amygdaliformis, Trigonella corniculata etc. Le relevé terminé nous quittons cette chênaie et roulons désormais parmi des collines recouvertes de prairies aux fleurs de toutes couleurs. Puis , alors que la route de plus en plus descend, change le paysage qui, un peu, évoque celui de notre Massif Central. Mais à nos pieds toutefois, un plantain inconnu de nous, fréquente les paturages : c’est Plantago serraria. De nouveau remontée, et à Cesaro, arrêt pour quelques emplettes. Un ou deux kilomètres au-dessus de l’agglomération, dans un grand pré (non clos cette fois), arrêt pique-nique où Paul recherche l’ombre d’un poirier. Le repas terminé, petit tour dans le pré où en plus de Ranunculus flabellatus, nous notons trois orchidées qui sont Serapias lingua, Orchis mascula et tridentata. Depuis la voiture que nous avons regagnée, nous apercevons le rare Iris pseudopumila et plus loin à une altitude assez élevée, une grande étendue d’Orchis italica. A 1260 m, arrêt dans une forêt de chênes pubescents où croissent par milliers des pivoines : des blanches, des rose pâle, des rose carmin. Il s’agit de Paeonia mascula mascula où se mêle la sous-espèce russii vue déjà en Sardaigne. Voici ci-dessous un extrait de la liste des espèces compagnes de ces pivoines : Allium triquetrum, Anemone apenninum, Anthriscus nemorosa, Aristolochia sicula, Bupleurum lancifolium, Doronicum orientale, Hermodactylus tuberosus, Symphitum gussonii, Vicia melanops, etc. En voiture nous longeons maintenant une sorte de gorge… et brusquement, sans transition aucune, la hêtraie remplace la chênaie. Au col de Femmina Morta Miraglia, à 1524 m, nous délaissons la route et nous engageons sur une piste s’enfonçant dans la forêt. En sous-bois, de beaux érables champêtres et des aubépines non encore fleuries. De ci, de là, de grandes plaques d’anémones parmi lesquelles quelques Romulea bulbocodium évasent leurs menues corolles. Plus loin un embranchement à droite permet d’atteindre le Monte Soro, 1847 m, point culminant des Nebrodi. Bien sûr nous le prenons. Xavier, lui, délaissant la piste, s’en va explorer les parages. Peu de temps après, de retour, il nous apprend qu’il a découvert une très longue congère de neige… et tous, de nous y précipiter. Tout autour de cette congère, s’épanouissent Scilla bifolia, Corydalis solida, Crocus vernus subsp albiflorus accompagnés des sempiternelles Anemone apenninum et de gagées, pas de chez nous, Gagea busembarensis, endémique sicilienne. De nouveau en voitures, bien décidés à atteindre le sommet. Espoir déçu ! En effet à partir de 1700 m, la piste, plus déblayée, est impraticable… Demi-tour. Pour le retour de Cesaro à Cerami, nous empruntons la route sud par Troïna. Un énorme troupeau de moutons nous bloque un certain temps. Et à Troïna, une bonne vingtaine de chevaux, seuls eux aussi, se baladent en pleine ville. A peine plus loin, dans un pré, une jument apprend à son poulain… à sauter : spectaculaire ! A Nicosia, la fête bat son plein : il nous faut impérieusement nous arrêter en pleine montée, afin de laisser passer une procession elle-même précédée d’une fanfare suivant la statue d’un Saint-François… de Calabre.

Lac Ancipa

Crataegus laciniata

Geranium sanguineum

Lotus ornithopodioides

Orchis tridentata

Pyrus amygdaliformis

Pyrus amygdaliformis en fruits

Trigonella corniculata

Entre Ancipa et Césaro

Plantago serraria

Serapias lingua

Orchis mascula

Iris pseudo pumila

Orchis italica

Station de pivoines à Morta Miraglia

Pivoines à Morta Miraglia

Paeonia mascula à 1260 m.

Paeonia mascula

Paeonia mascula

Doronicum orientale

Vicia melanops

En montant au Monte Soro

En montant au Monte Soro

Piste enneigée du Monte Soro

Crocus albiflorus et Scilla bifolia

Corydalis solida

Gagea foliosa

Troupeau entre Troina et Cesaro

Lundi 10 mai, après un court passage chez un garagiste, nous refaisons, en sens inverse, la route, jusqu’à Agira. Dans ce sens nous voyons d’autres plantes telles Isatis tinctoria et Scolymus maculatus. En vue du Lago Pozillo, arrêt pour admirer ce lac encore sans les brumes et plus près Agira, vue cette fois du sud-est. Plus loin, à 400 mètres, les foins sont terminés, et à 200 m d’altitude, s’impose le climat méditerranéen : les orangers en fleurs embaument… et même entêtent. A partir d’Adriano nous retrouvons la route du tour de l’Etna. A 600 mètres où nous sommes, c’est le domaine des centranthes, des faux genêts d’Espagne et du pastel. Se trouvent aussi parmi les laves quelques maigres cultures dont des vignes comme aux Canaries à la Palma. Puis voici Bronte la cité des pistaches… Plus haut à 900 m les férules sont en pleine floraison. Au-dessus d’elles, dans le lointain, l’Etna et ses fumerolles. A 1000 m c’est la vraie montagne avec ses essences inféodées. Et comme il est l’heure du pique-nique, nous choisissons un emplacement idéal dans un cadre de toute beauté : immenses prairies égayées de quelques arbres, rares fermes au toit rouge. En face de l’autre côté de la route, des plantations d’amandiers délaissées parmi lesquelles fleurissent des milliers d’asphodèles. Un peu plus loin le volcan se détache au-dessus d’étendues de lave noire colonisée par les faux genêts d’Espagne. Peu à peu nous redescendons et retrouvons la flore méditerranéenne. Puis nous abandonnons la route du tour de l’Etna et prenons la direction de Castiglione. Là, partout, des plantations de noisetiers. Mais nous voici arrivés aux gorges d’Alcantara ! Par les nombreuses marches d’escaliers qu’il nous faut descendre, nous avons vue sur le paysage alentour et nous atteignons la rivière où il faut progresser pour pouvoir atteindre et admirer la grotte creusée dans des orgues basaltiques ainsi qu’une cascade jaillissant comme celle du Ray-Pic en Ardèche, d’autres orgues. Cela vu et photographié, remontée aux voitures, les uns par les escaliers encore , les autres par ascenseur. Et de nouveau en voitures grâce auxquelles nous rejoignons Nardiri Naxos et Taormine. Peu avant la merveille de la Sicile, vue sur la mer toute bleue et sur le volcan. Ici des roches sont le domaine de bougainvilliers alors que d’autres sont recouvertes de gros coussins gris de Scabiosa cretica. Après un coup d’œil à ce célébrissime site, nous nous dirigeons à la Résidence Terra Rossa où nous désirons prendre pension. A cause de la suppression du restaurant, il nous faudra descendre et remonter 300 marches pour pouvoir soulager notre faim. Mais nous serons merveilleusement logés dans un appartement au premier étage d’une petite maison donnant sur les quatre points cardinaux.

Scolymus maculatus

Lago Pozzillo

Agira vu du sud-est

Flore des laves  : route du tour de l’Etna

Fermes en bord de route du tour de l’Etna

Asphodèles envahissant d’anciennes plantations d’amandiers

Les faux genêts d’Espagne et l’lEtna

Gérard parmi les férules

Castiglione avant Alcantara

Gorges d’Alcantara

Gorges d’Alcantara

Orgues basaltiques d’Alcantara

Taormine la mer et l’Etna

Une des résidences de Terra-Rossa

La mer vue de Terra-Rossa

Le lendemain, avant notre départ de Terra Rossa, nous jetons un coup d’œil à la collection de cactées du fils des propriétaires des lieux. Les plantes les plus curieuses seraient des Hawortia, nous dit Antonio.

Succulentes du jardin de Terra-Rossa

Succulentes du jardin de Terra-Rossa

Succulentes du jardin de Terra-Rossa

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