1998 – Deux jours dans le Cantal

Deux jours dans le Cantal

9 et 10 août 1998

11 participants

Le 9 août, au Puy où nous attend Henri Bayle, nous prenons la direction de Brioude puis celle de Massiac. A partir de là, la route serpente dans la vallée de l’Alagnon. Voici bientôt Murat où dans les parages, les bas-côtés de la voie bleuissent sous la floraison de Phacelia tanacetifolia. Cette plante est cultivée pour les abeilles attirées par un nectar très sucré mais difficile à atteindre et souvent source de blessures pour elles. Originaire de Californie, elle fait partie de la famille des hydrophyllées, inconnue chez nous. Délaissant bientôt la Vallée de l’Alagnon, nous commençons à grimper en empruntant une route étroite, tortueuse. Au Pas de Peyrol, où il y a foule, nous prenons à droite. Alors à notre gauche, défilent les sites que nous avons l’intention de prospecter : cirque de Falgoux, Roc des Ombres, Puy Violent. Mais au col de Néronne nous voici et quinze kilomètres au-delà, c’est Salers où à 13 h 30, nous faisons notre entrée. L’hôtel où nous avons retenu, sis dans un château à tourelles du 15e ou du 16e siècle, nous accueille. Entouré d’un agréable jardin, il a été parfaitement restauré et aménagé. Après l’installation suivie d’un bref repos, départ à nouveau mais pour 7 à 8 km seulement, en direction de Salers puis de la Croix des Vachers. Un kilomètre au- delà, plus de route. A pied nous gagnons le Puy Violent tout en herborisant bien sûr. Et nous voici au pied d’un mont de 1592 mètres d’altitude. Comme des touristes nous apprennent qu’au sommet il y a des nuées de fourmis ailées, seuls Henri, Marcel et Lilia prennent part à la courte ascension. A leur retour, ils nous apprennent qu’il n’y a pas autant de fourmis qu’il avait été dit. Alors à deux, accompagnés d’Henri qui remonte, nous gravissons à notre tour le sommet du Puy Violent en réalité du Puy bêlant. Là, nous examinons la flore et notons au pied d’un rocher Aconitum napellus. Plus loin à part quelques buissons bas de Rosa pimpinellifolia et de magnifiques campanules à feuilles de lin qu’on doit actuellement nommer Campanula scheuchzeri subsp lanceolata, rien de bien spectaculaire. Nous quittons donc ces hauteurs et à mi-chemin rejoignons nos compagnons. A l’hôtel nous nous retrouvons tous et dégustons un délicieux repas régional. Enfin la journée se termine par un tour au village, tout illuminé. Outre les quelques plantes dont nous avons parlé ci-dessus, en voici d’autres, extraites d’une liste plus importante : Allium senescens subsp montanum, Arnica montana, Campanula glomerata, Dianthus hyssopifolius, Gentiana lutea, Jasiona laevis, Linaria repens, Meum athamanticum, Phyteuma hemisphaericum, Potentilla erecta, Sanguisorba bistorta, Scabiosa columbaria, Senecio adonidifolius, Senecio nemorensis subsp fuchsii, Stellaria graminea, Viola lutea subsp sudetica.

Basilique Saint-Julien de Brioude

Phacelia tanacetifolia

Aconitum napellus

Aconitum napellus

Rosa pimpinellifolia

Campanula scheuchzeri subsp lanceolata

Arnica montana

Arnica montana

Campanula glomerata

Campanula glomerata

Centaurea nigra

Dianthus hyssopifolius

Gentiana lutea

Jasione laevis subsp. laevis

Linaria repens

Meum athamanticum

Potentilla erecta

Scabiosa columbaria

Senecio adonidifolius

Senecio ovatum ex fuchsii

Viola lutea ssp sudetica

Le 10 août à 10 heures, deux dames et deux messieurs s’engagent sur un chemin montant et quelque peu caillouteux, mais ombragé à souhait. Et malgré le manque de lumière, ce sentier est de chaque côté bordé de toutes espèces de fleurs. Voici donc, parmi une bonne cinquantaine de plantes relevées, celles que nous vous présentons :

Abies alba, Acer platanoides, Actaea spicata, Calamintha grandiflora, Cardamine heptaphylla, Chaerophyllum aureum, Dianthus sylvaticus, Digitalis purpurea, Dryopteris dilatata, Fagus sylvatica, Galeopsis tetrahit, Galium odoratum, Geranium sylvaticum, Hieracium umbellatum, Lathyrus montanus, Luzula nivea, Myosotis sylvatica, Petasites albus, Phyteuma spicatum, Pulmonaria affinis, Sambucus racemosa, Sanicula europaea, Senecio adonidifolius, Senecio cacaliaster, Thesium alpinum.

Abies alba

Jeunes sapins

Acer- platanoides

Actaea spicata

Calamintha grandiflora

Cardamine heptaphylla

Dianthus sylvaticus

Digitalis purpurea

Digitalis purpurea

Dryopteris dilatata

Fagus sylvatica

Galium odoratum

Geranium sylvaticum

Geranium sylvaticum

Luzula nivea

Fagus sylvatica

Myosotis sylvatica

Petasites albus

Phyteuma spicatum

Pulmonaria affinis

Pulmonaria affinis

Sambucus racemosa

Sambucus racemosa fructifié

Sanicula europaea

Thesium alpinum

Arrivés à la limite de la forêt, nous abandonnons le GR 400 et filons tout droit devant nous dans des pâturages sans traces ni balises, en direction du Roc des Ombres, qui de plus en plus se rapproche ; ça y est, nous y sommes ! La paroi du rocher, (ne l’oublions pas, c’est le Roc des Ombres), est toute tapissée de fougères d’une diversité sans égale. Au pied de la roche c’est un amalgame d’autres fougères : Gymnocarpium, Dryopteris, Cystopteris fragilis, Asplenium trichomanes et foreziense (la doradille du Forez), ainsi qu’une fougère qui nous pose problème. Cette dernière, après maintes observations et mûre réflexion, nous la nommerons sans plus d’hésitations, Woodsia alpina. Mais il est midi, alors profitons de l’ombre parcimonieuse de notre Roc pour pique-niquer. Mais Henri, lui, préfère pour l’instant, explorer les rochers voisins. Alors que nous terminons, il revient, épuisé par la chaleur. A son tour de se restaurer ! Pendant ce temps nous prospectons quelques autres rochers où prospèrent Asplenium trichomanes, espèce courante et déjà vue sur le Roc, Polystichum lonchitis ainsi que quelques alchémilles. Tout autour s’étend la lande d’airelles où nous cueillons et savourons de délicieuses myrtilles. Avant le retour, le Docteur D. grimpe jusqu’à la petite grotte découverte tout à l’heure par Henri et y découvre Woodsia alpina. Nous trois suivons maintenant une sente surplombant l’itinéraire équestre. Bientôt nous parvenons à un point à partir duquel nous pouvons observer tout le paysage alentour : Pas de Peyrol, route de Mandailles… De ce belvédère nous faisons demi-tour et parvenons au pied de la grotte où se trouve encore Jacques. Mini arrêt pour nous reposer et retour. A quelque 200 mètres de la route, nous retrouvons Claude et Marcel venus à notre rencontre. Tous en chœur nous rejoignons mon mari et quelques autres au col de Néronne. A 16 h 30 départ, à 19 h arrivée au Puy où nous invite Henri et à 20 h 30 entrée dans Saint-Just où Lilia et le docteur récupèrent leur voiture et entrent bien vite chez eux. Outre les fougères dont il est parlé plus haut, voici quelques autres plantes rencontrées depuis la sortie du bois jusqu’aux ultimes rochers prospectés : Alchemilla basaltica, charbonelliana, chirophylla, Calluna vulgaris, Campanula scheuchzeri subsp lanceolata, Crepis lampsanoides, Dianthus deltoides et hyssopifolius, Jasione laevis et Potentilla erecta.

(suite)