1998 Canaries 6

Mardi 5 mai, nous abordons à Santa Cruz de La Palma où par bonheur, malgré l’heure tardive, nous pouvons tous loger au Parador. Après une bonne nuit, nous sommes en forme pour parcourir l’île inconnue… et ça commence par un arrêt pour Sonchus palmensis endémique de la Palma. Puis voici Sambucus palmensis presque sosie de notre sureau noir et encore un Aeonium, « palmense » lui aussi, puis Pericallis papyraceus, le seul à fleurs violettes dans l’île. A ces espèces se mêlent d’autres plantes canariennes déjà vues telles par exemple Hedera canariensis, quelques tropicales, certaines de chez nous. Passons donc… Comme à Tenerife et à Gomera, abondent les parterres de capucines et de « belles de jour » ou « de nuit ». Magnifique est le paysage dans ces parages : immenses bananeraies ponctuées de petites maisons blanches, descendant jusqu’à l’océan ; en arrière, cultures en terrasses grimpant à l’assaut des monts et sans peine semble-t-il, atteignant leur sommet. Un arrêt, à proximité d’une terre cultivée nous permet d’admirer le somptueux Convolvulus floridus vu à Tenerife, mais aussi Lantana camara et une micromeria arbustive, Micromeria varia. Puis sur les conseils d’un gardien de camping, nous retournons au proche village de Barlovento afin d’y acquérir une carte de la région. Revenus au point de départ, nous photographions une belle station de Tritonia crocosmiflora plus simplement nommé Montbretia. Puis nous empruntons une toute nouvelle route où bientôt a lieu l’arrêt habituel de midi, près de deux beaux dragonniers. Après quoi, un peu plus loin, voici un nouvel Aeonium, Aeonium vestitum, endémique du coin et que nous ne reverrons plus. Sur les bords de la route serpentant en corniche au-dessus de la mer, poussent à loisir Lathyrus tingitanus et Hypericum canariensis. Puis un barranco est, par la route, franchi. Comme espèces nouvelles, qu’une seule, la très polymorphe Micromeria herphyllomorpha, de la Palma uniquement. Un peu plus loin, nous revoyons Ocotea foetens et Persea indica connus de la laurisylve de Tenerife. Près de la maison forestière nous sommes arrivés. Dans la pineraie mitoyenne du jardin qui l’entoure s’élève un pin d’une soixantaine de centimètres au moins de diamètre. Quatre kilomètres au-delà, nous sommes à la Zarza où les Guanches avaient gravé sur des roches, des inscriptions en forme de spirales. Plus loin à Hoya Grande commence la raide et sinueuse grimpée d’une dizaine de kilomètres pour accéder à l’observatoire. La route serpente alors dans la pinède devenant de plus en plus clairsemée et les pins de plus en plus chétifs au fur et à mesure de l’accroissement d’altitude. Et dans la brume mouvante ils prennent de plus, un aspect fantasmagorique. Et sans transition aucune, nous passons brusquement sous un ciel d’azur où brille un ardent soleil. A l’infini en dessous de nous, moutonne une mer de nuages cotonneux. Dans les parages, comme au Teide, abonde Adenocarpus viscosus, et parmi une cascade de pierres, s’épanouit la pensée endémique de l’île, Viola palmensis. Gravissant ensuite une minuscule sente pour atteindre le mirador Andenes, nous pouvons admirer Erysimum scoparium et Descurainia gilva et non pas ici, burgaeana. Puis voici Arabis caucasica. Au mirador de Los Muchachos où nous nous rendons maintenant, nous devrions avoir une vue fabuleuse sur la caldera de Taburiente. Mais, hélas c’est sans compter sur la masse nuageuse qui jusqu’à nous s’avance et d’où émergent seulement des rocs acérés et déchiquetés formant la partie la plus élevée de cette caldera dont le diamètre mesure environ 10 kilomètres, dit-on. La photo prise, il est temps de rentrer au bercail, par la même route toutefois. Avant de quitter les lieux nous photographions encore aux pieds de l’observatoire, Echium gentianoides d’un très beau bleu et bien rare ainsi que Lotus hillebrandii, lui fréquent en bordure de pinèdes. Arrivés au Parador, notre hôte nous indique un restaurant où nous mangerons bien et où nous boirons une excellente malvoisie.

Maison de Santa-Cruz

Sonchus palmensis vers Puntallana

Sambucus palmensis vers Puntallana

Aeonium palmense vers Puntallana

Pericallis papyraceus vers Puntallana

Hedera canariensis vers Puntallana

Tritonia crocosmiflora

Aeonium vestitum Nouvelle route

Lathyrus tingitanus

Barranco, vu de la route nouvelle

Micromeria herphyllomorpha ; route nouvelle

Apollonias barbujana

Rumex maderensis

Maison forestière : la Zarza

Pins près de la maison forestière

Pinède à la montée de Los Muchachos

Mer de nuages à Los Muchachos

Adenocarpus viscosus à Los Muchachos

Viola palmensis

Los Muchachos : Vue depuis le mirador Andenes

Erysimum scoparium et Descurainia gilva

Caldera Taburiente à Los Muchachos

Echium gentianoides vers l’observatoire

Observatoire de Los Muchachos

Lotus hillebrandii : descente de Los Muchachos

Cheilanthes ganchica

Mercredi 06 mai, la caldera de Taburiente est au programme, et c’est ainsi qu’après Los Llianos de Aridane, nous nous retrouvons au Centre des Visiteurs d’El Paso. Après la visite des diverses salles, nous retournons à l’extérieur où il est question de créer un jardin botanique. De là nous nous rendons à la Virgen del Pino où un pin géant fut photographié à maintes reprises par Ceballos, forestier et botaniste du début du 20e siècle. Puis demi-tour pour le Centre d’information ICONA de la Cumbrecita, au cœur de la caldera. Au cours du trajet, trois arrêts : le premier pour Sonchus palmensis, déjà vu hier, le deuxième à mi-chemin, pour une belle vipérine bleue de 2 m de haut, Echium webbii accompagné de Cistus symphytifolius. Au cours de cet arrêt nous observons aussi Lobularia palmensis et des ceps de vigne abandonnés entièrement recouverts de guirlandes fleuries de Paronychia canariensis. Un Polycarpaea l’accompagne. Puis la montée reprend… et près d’un torrent à sec, serpentant dans la pinède, dernier arrêt où nous notons des plantes, presque toutes macaronésiennes, dont les nouvelles sont les suivantes : Aichryson bollei, Arabis caucasica, Argyranthemum haouarytheum, Greenovia diplocycla, Pimpinella dendrotragium. Au parking de la Cumbrecita, point final de la route, nous prenons notre collation près de la cabane d’ICONA et, celle-ci terminée, à pied nous nous rendons au belvédère de Las Chozas, à 1 km de là. Une bonne heure plus tard nous sommes de retour, plutôt déçus : vue inexistante depuis le mirador et panneaux sur la flore et la faune le long du trajet, d’un piètre intérêt. Alors dès 14 h 30 nous quittons la Cumbrecita pour le barranco de Las Angustias, lui aussi faisant partie de la caldera. En voitures, bien que sentiers et chemins permettent de rejoindre Los Barros où nous désirons nous rendre. Dans les champs abandonnés, colonisés par les figuiers de Barbarie ainsi que sur les talus qui les bordent, foisonne Eschscholzia californica. Plus loin dans les parages de Los Llanos, nous perdons un temps précieux à la recherche de l’accès au barranco. Puis bien vite nous passons de 1500 mètres à 0 d’altitude. Nous roulons maintenant parmi les plantations de bananiers et peu après traversons Tazacorte aux anciennes maisons à jolis balcons de bois, et à la plage de sable noir agrémentée de paillotes de palmes desséchées. Tout en continuant nous accédons aux bords d’un torrent, à sec encore. Peu de nouveautés dans ce ravin pourtant si riche d’après Bramwell et où nous aurions pu voir Aeonium nobile et bien d’autres plantes ! Reprenons la route et que voyons-nous ?…un panneau indiquant « camo de Las Angustias ». Au mirador El Time à 492 mètres, nous avons prévu de nous rendre. Très commode, il est installé sur la terrasse d’un café. En dessous de nous une entaille large et profonde, aux parois quasiment verticales d’un noir d’encre, dépourvue de toute végétation, est la partie inférieure du barranco de Las Angustias, ce ravin des Angoisses, ultime refuge des derniers indigènes poursuivis par l’envahisseur espagnol. Tout au bord du barranco et des falaises dominant la mer, ont été construits des murets permettant sans danger la culture des bananiers. Ces immenses bananeraies s’étendant à l’infini sont seulement interrompues par de nombreux bassins ainsi que par une blanche bourgade et de-ci de-là par quelques fermes isolées. En face du mirador, parmi de grosses pierres, se nichent des fougères, Thelypteris dentata. Près d’elles se dresse un somptueux Aeonium candélabre. Quittant le mirador, nous allons jusqu’à Punta Gorda et là faisons demi-tour pour rejoindre Santa-Cruz.

Virgen del Pino

Le pin de la Virgen del Pino

Echium webbii

Echium webbii

Lobularia palmensis

Paronychia canariensis

Pimpinella dendrotragium

Eschscholzia californica près d’El Paso

Barranco de Las Angustias

Echium brevirame

Echium brevirame

Coeur de pierre dans le Barranco de Las Angustias

Paillottes de Tazacorte

Du Mirador El Time vue sur le Barranco

Dans la bananeraie

Aeonium davidbramwellii au mirador El Time

(suite)