1998 Canaries 4

Lundi 11 mai, l’excursion est en somme, la suite de celle d’hier, bien qu’il aurait été normal de commencer par elle. Mais voilà, la crainte d’avoir un empêchement pour la visite du Teide, nous a fait agir d’une façon irrationnelle. Peu importe, nous pouvons mentalement rétablir le circuit adéquat. Voici donc le compte rendu de la journée. Là encore il aurait été sensé d’effectuer la sortie prévue de la plus basse altitude à la plus haute, mais nos chauffeurs encore, ne désirant pas traverser La Laguna ont décidé d’emprunter le même itinéraire que la veille jusqu’à El Portillo. Bientôt arrêt dans une pinède pour Ranunculus sp, puis plus haut, dans un bois de grands genévriers dont le nom latin est Juniperus cedrus et enfin pour un pan de roches tout tapissé de Greenovia aurea, accompagné un peu plus loin d’Argyranthemum broussonetii. Au croisement d’El Portillo, nous prenons à gauche pour atteindre l’observatoire astronomique et météorologique d’Izana à 2387 m. Là rien de nouveau. Nous avons eu toutefois le plaisir de contempler des étendues de vélar du Teide et de sisymbre de Bourgeau et de Spartocytisus supranubius en une énorme masse hémisphérique d’au moins 2,50 m de diamètre. Un peu plus loin, ce sont des formations géologiques qui attirent notre attention. (Voir les photos). Au-delà de la Crucita, parmi les pins clairsemés, fleurissent les plus beaux Chamaecytisus proliferus qui se puissent voir, accompagnés de Nepeta teydea, Scrophularia glabrata et de Sideritis oroteneriffae. Peu après Ayosa (1950 m ), l’orange vif d’Eschscholzia californica, de partout se mêle à la flore indigène. En lisière s’élèvent les magnifiques apiacées que sont les Tinguarra montana. Peu après le mirador de Las Flores, Gérard et Françoise nous abandonnent afin d’aller à Esperanza pour faire le plein d’essence. Or, là, nous sommes à deux pas d’un restaurant situé en plein bois. Sans aucune hésitation nous nous y rendons et apprécions de pouvoir nous réchauffer dans une salle rustique où dans la cheminée brûle un bon feu de bois et enfin dégustons un excellent repas avec entres autres des chanterelles tout juste cueillies dans les bois environnants. Le repas terminé, aller-retour à Esperanza où nous aussi prenons du carburant. Au croisement d’Arafo, comme convenu, nous retrouvons nos compagnons et avec eux prospectons les alentours : plantes déjà vues, mais cependant ici Echium virescens est de toute beauté, alors qu’au Barranco del Infernio, nous l’avions aperçu en fort mauvais état. Plus loin, en direction d’Arafo, voici Bystropogon plumensis, odorante lamiacée arbustive, et au fond d’une dépression Senecio cruentus = Pericallis cruenta, magnifique astéracée à l’origine de la cinéraire cultivée. Puis c’est le retour, toujours par la même route, avec la vision de plantes non aperçues les trois fois précédentes. A la Orotava, de magnifiques arbres reçoivent le nom de Grevillea robusta. Enfin retour à notre hôtel de Puerto.

Ranunculus sp

Paul près de Juniperus cedrus

Juniperus cedrus

Observatoire astrologique d’Isana

Observatoire météorologique d’Isana

Maryse devant le Genêt du Teide

Le Teide vu d’un autre angle

Formations volcaniques au Nord du croisement pour l’observatoire

Françoise vers des formations volcaniques

Autres formations volcaniques

Formations géologiques peu avant La Crucita

Scrophularia glabrata

Sideritis orotenerifae

Sideritis orotenerifae

Eschscholzia californica

Tingara montana

Echium virescens

Bystropogon plumosus

Pericallis cruenta

Grevillea robusta

Chamaecytisus proliferus

Mardi 12 mai, est la dernière journée à passer à Tenerife, et à cause de l’imminence du départ, nous ne prévoyons qu’une sortie dans l’après-midi. Et nous ne serons que trois à participer à l’excursion. Donc, après le repas pris à l’appartement, mon mari nous emmène, Maryse et moi, à Los Silos, tout à fait à l’ouest de l’île, à peine à une dizaine de kilomètres de la pointe de Teno. Laissant la voiture dans l’agglomération, nous commençons à suivre le sentier conduisant à Cuevas Negras où hélas nous n’aurons pas le temps de nous rendre. Seul un petit aller-retour nous est possible. Nous commençons donc la prospection des lieux par l’examen des bas-côtés du chemin se faufilant parmi des cultures variées : bananiers, citronniers, papayers, néfliers du Japon, etc. Voici une plante vue tous les jours mais dont nous n’avons pas parlé car il s’agit d’une sud-américaine naturalisée, Bidens pilosa. Voici encore de nombreuses espèces qu’on trouve chez nous, d’autres indigènes que nous ne citerons pas à nouveau, d’autres encore originaires de divers pays du monde, bref… une flore étonnante où se mêlent intimement espèces indigènes, méditerranéennes, exotiques… Là contre un muret, vu pour la première fois avec plaisir, la serpentaire à fleurs blanches, Dracunculus canariensis. Et maintenant plus de « fincas » (propriétés) : seule une maisonnette blanche au pied d’immenses espaces au relief tourmenté. Plus de chemin, seulement une trace parmi herbes et pierres, plus de plantes compagnes de l’homme et de ses cultures. Cependant, voici Boussingaultia = (Anredera) cordifolia, notée comme naturalisée aux Açores, mais ici, certainement aussi, je suppose. Et là, une autre plante introduite, citée en France de Toulon seulement, mais que je vis il y a une dizaine d’années à l’embouchure de l’Aude : c’est Erodium laciniatum = triangulare. Un peu au-delà du passage, dans une zone quasiment impénétrable, on peut de loin, apercevoir Campylanthus salsoloides, de grandes fougères jaunissantes, Stipa capensis et quantités de plantes de toutes sortes. Mais voici encore tout de même, des espèces macaronésiennes non encore rencontrées qui sont les suivantes : Aeonium tabuliforme, Aichryson parlatorei, Beta patellaris, Bosea yervamora, Bryonia verrucosa aux très gros fruits de 2 cm de diamètre, Monanthes laxiflora, Rhamnus crenulata, Visnea mocanera citée comme étant rare à Cuevas Negras, Andryala pinnatifida. Après tant de plantes en si peu de temps rencontrées, il nous faut redescendre afin de rejoindre Paul qui, étant retourné à Los Silos, devait revenir à notre rencontre. Ce soir, à Puerto, tous les six, nous prendrons notre dernier repas au restaurant de l’hôtel et demain, aux aurores, nous quitterons les Canaries.

Isoplexis sur fond de Los Silos

Bidens pilosa

Boussingaultia = anredera cordifolia

Erodium laciniatum

Erodium laciniatum

Campylanthus salsoloides

Aichryson parlatorei

Bryonia verrucosa

Andryala pinnatifida

(suite)