1997 Sardaigne 7

Lundi 28, au sortir de l’hôtel Ester, il nous faut prendre la direction nord pour Oristano. Toutefois, inutile d’aller jusqu’à la ville. C’est par Terralba et Arborea que nous abordons les étangs où nous désirons herboriser. Voici celui de Santa Giusta, dépourvu de fleurs… mais pas de moustiques. Puis voici Cabras au bord de son étang éponyme. Après nous être restaurés face à la lagune, nous recherchons vainement les barques en roseaux, semblables, dit-on, à celles utilisées sur le lac Titicaca. Au cours d’une promenade le long de l’étang, nous notons Hyosciamus albus, Cichorium tingitanus et Centaurea napifolia. Retour et en voiture pour San Giovanni di Sinis où nous admirons la plus vieille église de Sardaigne datant du 6e siècle et construite avec des pierres récupérées dans l’ancienne cité carthaginoise de Tharros. Tout à côté, merveilleux petit village de pêcheurs aux maisons de roseaux nichées parmi les dunes. Puis visite de la cité archéologique de Tharros. Parmi les ruines, un bel Arum pictum aux fruits écarlates. A San Salvador voici les cumbessias, habitations temporaires réparties autour d’un terrain rectangulaire et qui ne sont habitées que neuf jours dans l’année lors de la neuvaine du Rédempteur, début septembre. Riola Sardo dépassé, voici San Archittu où derrière la plage, on peut voir des roches curieusement érodées par les eaux. Deux kilomètres au-delà, nous prenons pension à Santa Caterina di Pittinuri dans un hôtel niché dans la verdure d’où, du balcon de nos chambres nous admirons la mer, bleue mais agitée. Au restaurant, les crevettes en sauce au whisky, corsée de piment fort, est un régal.

Lac à Cabras

Lac de Cabras : élevage de poissons

Hyosciamus albus

Centaurea napifolia

Tharros San Giovanni de Sinis

Tharros : Maison de pêcheurs

Tharros : Maison de pêcheurs

Tharros : le site archéologique

Tharros : le site archéologique

Arum pictum

San Salvador

Erosion à Archittu

Mardi 29 est notre dernière journée à passer en Sardaigne. A 21 heures « notre bateau » quittera le beau rivage sarde… Malgré le séjour raccourci, Santa Cristina est toujuors au programme. Pour y aller nous devons emprunter la route nord. Des nuages bas et noirs nous masquent le point culminant, le Mont Urtigue (1050 m). Nous grimpons toujours, et à 1000 m nous parvenons. Là le brouillard s’étant dissipé, nous pouvons jouir d’une vue infinie sur la plaine qui s’étend en-dessous de nous. Mais descente maintenant, et à 300-400 mètres, réapparition de la végétation méridionale avec vignes et oliviers. Nous voici enfin sur la route principale. Et bientôt Santa Cristina nous accueille sous le soleil. Beau site où l’église est entourée de petites maisons où logent les pèlerins. En sortant de l’enceinte nous apparaît l’ensemble nuraghique. Mais le « clou » de ce lieu est le puits sacré, source qu’on atteint par un monumental escalier de pierre entouré de hauts murs sur trois côtés. Quelques kilomètres plus au nord, visite du nuraghe de Losa, l’un des plus intéressants de Sardaigne. Après Losa, l’armoise arborescente couvre de vastes étendues. Puis nous passons au large de Nuro et des Monts Ortobene atteints par l’est il y a quelques jours. Et nous voici à Lula où nous allons jeter un coup d’œil à San Francesco. Dans le beau paysage vallonné et verdoyant, presque de partout dominé dans le lointain par les montagnes dolomitiques des Monts Albo ou par les hauteurs sombres du Gennargentu, surgit devant nous un ensemble d’une étonnante blancheur : San Francesco « Santo dei forti, Santo dei banditi et dei rapinatori ». Ce sanctuaire fut en effet érigé à la fin du 17e siècle par un bandit de Nuoro, afin d’accomplir un vœu qu’il avait fait au « pauvre d’Assise ». Là encore l’église est entourée de petites habitations, mais l’ensemble est ici de surcroît, ceint de murs d’une blancheur éclatante. Quelques femmes sardes, elles de noir vêtues, vont derrière l’église puiser de l’eau à la fontaine, afin de nettoyer les petites maisons dans lesquelles vont loger les pèlerins lors de la neuvaine religieuse. Mais nous il nous faut quitter les lieux non sans avoir toutefois noté Galium aparine, Trifolium incarnatum subsp molinieri, banalités certes, mais aussi Vulpia ligustica, espèce méditerranéenne rare chez nous. Au retour, traversée d’un insolite bois d’eucalyptus, par une jolie petite route. Arrivés sur la S31, nous la traversons et prenons la direction de Dorgali, qui au bout de 6 à 7 km, nous permet de nous rendre à la tombe des géants de Sa Ena’e Tomes. Dans les parages, belles plaques de Ranunculus marginatus. Après quoi traversée des Monts Albo. Sur les bords de la chaussée, les férules font une haie toute d’or. Hélas pas encore de Pleurotus eryngii subsp ferulacea. Dans les bois clairsemés émergent d’innombrables roches dolomitiques. Quelquefois apparaît le faux genêt d’Espagne, Spartium juncea. A 200 m de nouveau Artemisia arborescens. Près de Porto S. Paulo la vue sur la mer est très belle malgré un ciel noir d’encre. Arrivée en avance à Golfo Aranci où les bureaux de vente des billets ne sont pas encore ouverts. Alors petit tour dans les boutiques pour d’ultimes achats dont la délicieuse liqueur de myrte. Après l’acquisition des billets, embarquement à 19 h 45. A 21 h 30 le bateau lève l’ancre et un léger roulis nous berce. Le lendemain à 7 h 30 nous débarquons et le soir à 20 heures nous sommes à Saint-Etienne.

Santa Caterina de Pittinuri

Santa Cristina

Santa Cristina Puits sacré

Santa Cristina : reste de nuraghe

Nuraghe : Losa

Artemisia arborescens

Couvent de San Francisco

Eglise du Couvent de San Francisco

Couvent de San Francisco

Galium aparine

Trifolium incarnatum var molinerii

San Ena E Thomes : tombe des géants

Ranunculus marginatus

Spartium junceum

Myrtus communis

(suite)