1994 De Prague à Cracovie (4)

Samedi 25 juin. A deux pas de notre hôtel se trouve le musée des Tatras ou des Tatry (au choix). Cela se conçoit aisément puisque ces montagnes sont situées au sud, au sud-est et au nord-est de Zakopane. C’est la plus haute chaîne de Pologne où le point le plus élevé pour le pays, le Mont Rysy, culmine à 2499 mètres. On a donc affaire ici à une chaîne de type alpin où, dans les prairies d’altitude, fleurit une dauphinelle endémique Delphinium oxysepalum. Quant à la faune elle est d’une grande richesse : marmottes et chamois abondent. Mais on y trouve aussi ours, daims et cerfs et de nombreuses espèces d’oiseaux dont l’aigle Aquila crysaetos. Ceci dit, revenons au musée que nous visitons. Dans la salle consacrée à la botanique est une exposition de fleurs semblable aux deux déjà vues, mais bien entendu avec des espèces différentes, des endémiques pour la plupart. Voici quelques noms relevés : Arabis halleri, Cerastium tatrae, Poa granitica, Sesleria tatrae, Soldanella rhaetica, Campanula polymorpha, Gladiolus imbricatus. Bientôt se termine la visite du musée. Toutefois avant de quitter la ville, il convient de parler du style Zakopane. Il s’agit d’une adaptation modernisée, empruntée à l’Art Nouveau, réalisée au 19e siècle par l’architecte Stanislas Witkiewicz, des constructions traditionnelles des Carpates et de leur décoration. En définitive il n’est pas loin de midi lorsque nous quittons Zakopane. Direction Lijsa Polana et là à la frontière, nous prenons celle de Propad. Peu après, dans une clairière aménagée, pique-nique parmi les potentilles des oies, Potentilla anserina. De nouveau nous sommes donc en Slovaquie où nous visiterons la région située à l’est de Zakopane. C’est ainsi qu’à Zdiar nous pénétrons dans un petit musée régional où quelques beaux objets artisanaux sont à vendre. Puis nous abandonnons le projet de parcourir le musée de plein air de Stara Lubovna pour nous consacrer à la visite de son château-fort perché sur un rocher. Ensuite au lieu de rejoindre Bardejov, une erreur d’itinéraire nous amène à Presov, ancienne ville ukrainienne à la splendide place oblongue entourée de belles maisons et de beaux monuments. Une cinquantaine de kilomètres au nord, nous voici tout près de Bardejovska Kupele, en pleine nature, à seulement 6 km de la grande agglomération aux faubourgs industriels. C’est là que se trouve la station thermale où nous accueille l’hôtel Mier agréablement niché parmi les grands arbres de son parc.

Dimanche 26 juin, un petit tour à Bardejov où au cœur de la ville est une grande place rectangulaire, bordée sur trois de ses côtés, de belles maisons, les unes médiévales, les autres de style baroque. Le quatrième côté est tout entier occupé par la cathédrale. Au centre de la place s’élève l’hôtel de ville, le plus ancien bâtiment Renaissance de la Slovaquie. La visite terminée nous nous rendons à Sidnik, le plus beau musée ukrainien de plein-air. Dans l’église de bois à trois clochers, le pope célèbre un baptême. Nous, les trois dames, continuons la visite par celle du beau village dont les maisons sont recouvertes de toits de chaume en escaliers. A midi nous rejoignons Paul qui nous propose de pique-niquer à l’intérieur d’une cabane aménagée pour cela. Une centaine de kilomètres plus loin nous apparaît, perché sur un rocher, un impressionnant château-fort, qui serait le plus grand d’Europe centrale. De mystérieuses colonnes, larges d’un mètre, terminées en tronc de cône, s’échelonnent depuis la mi-pente jusqu’aux remparts. Par une forte rampe on atteint l’entrée du château ou plutôt celle du donjon restauré mesurant 22 mètres de diamètre… et dont les murs ont une épaisseur de 4 m. Dans une grande salle de ce donjon est installé un musée. Mais pour restaurer entièrement ce château qui avait subi un incendie, il y aura encore beaucoup à faire. En revenant à la voiture, petit coup d’œil à la végétation où nous remarquons l’abondance de Geranium pratense, de deux espèces de sauge dont Salvia verticillata et de Sisymbrium strictissimum. A 17 heures nous pénétrons dans Lévoca. Aussitôt à l’hôtel Satel nous nous rendons et nous installons dans de luxueuses chambres. Après cela velléités de visites mais tout est déjà fermé, et demain lundi ce sera la fermeture hebdomadaire. Nous ne pourrons donc voir le plus grand retable du monde !

Lundi 27 juin, départ à 9 heures. Au bout de 25 km, à Poprad nous rejoignons la route de Cracovie que cette fois, nous traversons. Sur une quinzaine de kilomètres nous suivons alors la voie qui mène aux Hautes Tatras. A Stary Smokovec nous pensions pouvoir atteindre quelque sommet soit en voiture, ou en téléphérique ou funiculaire. Impossible, donc continuation jusqu’à Strbské Pleso, la plus haute station à 1355 m. Partout de splendides lupins de toutes couleurs, mais de plantes intéressantes, aucune. Et pour pouvoir pénétrer dans l’agglomération, obligation de laisser la voiture dans un immense et laid parking couvert. Là, derniers achats pour liquider les couronnes slovaques et d’un commun accord, nous partons. Un peu plus bas, arrêt herborisation dans une forêt où, aux épicéas introduits, se mêlent quelques mélèzes. Voici, extraites de la liste dressée, quelques espèces: Aegopodium podagraria, Anthyllis vulneraria, Astragalus glycyphyllos, Cirsium montanum, Galium schultesii, Luzula luzuloides, Moneses uniflora, Peucedanum ostruthium, Rumex arifolius et scutatus, Telekia speciosa, Teucrium chamaedrys, Trifolium montanum, Veronica serpyllifolia. Puis nous roulons par une chaleur torride. Il est presque 20 heures lorsque nous cherchons un hôtel. Surprise ! en voici un : celui presque vide où nous avions pris pension à l’aller qui aujourd’hui est plein à craquer.

Mardi 28 et mercredi 29 : A Nurenberg, nous n’irons pas, malgré nos deux jours d’avance car dans ce dédale d’autoroutes, il est difficile et lassant de rechercher son chemin. Donc toute la journée nous roulons jusqu’à Neuenstein-Kirchensall où à l’auberge nous allons. Le lendemain encore route tout le jour, petit détour par Lyon où Jeannette désire prendre le train pour Grenoble et retour à Saint-Étienne en fin de journée. Que dire de ce voyage cette année ? Si du point de vue touristique, il nous a ravis, il a, hélas, été bien décevant du point de vue botanique puisque peu d’espèces nouvelles, inconnues de nous, ont été vues.

style Zakopane

style Zakopane

style Zakopane

style Zakopane : toiture

style Zakopane

style Zakopane

style Zakopane

style Zakopane

style Zakopane

style Zakopane

Les Tatras près de la frontière vers Lysa Polana

Les Tatras près de la frontière vers Lysa Polana

Ferme à Zdiar

Ferme à Zdiar

Lubovna château

Lubovna château

Eglise du musée de Stara Lublovna

Eglise du musée de Stara Lublovna

Presov : Place oblongue

Presov : Place oblongue

Bardejov

Bardejov

Musée ukrainien de Svidnik

Musée ukrainien de Svidnik

Musée ukrainien de Svidnik

Musée ukrainien de Svidnik

Musée ukrainien de Svidnik

Musée ukrainien de Svidnik

Svidnik : l'église du musée

Svidnik : l’église du musée

A Spissky Hrad

A Spissky Hrad

A Spissky Hrad

A Spissky Hrad

Château de Spissky

Château de Spissky

Château de Spissky : remparts

Château de Spissky : remparts

Spissky : empreinte de feuille sur un des sentiers du château

Astragalus glycyphyllos

Astragalus glycyphyllos

Cirsium montanum

Cirsium montanum

Geranium pratense

Geranium pratense

Rumex arifolius

Rumex arifolius

Salvia verticillata

Salvia verticillata

Sisymbrium strictissimum

Sisymbrium strictissimum

(suite)